Le maillage interne est certainement la problématique la plus complexe des sites e-commerce. Elle nécessite des compétences techniques avancées, pour faire coïncider la structure de son site avec les attentes de Google. De plus en plus de sites optent pour la méthode du Siloing, qui permet de mettre en place un maillage interne naturellement cohérent. Toutefois, cette technique ne suffit pas à optimiser le budget crawl que nous alloue Google. Chaque Silo doit être minutieusement analysé pour inciter GoogleBot à crawler uniquement les pages qui nous intéressent. L’obfuscation est une technique efficace de pagerank sculpting, mais son utilisation reste controversée.

L’obfuscation, comment ça marche ?

 Comment obfusquer efficacement un lien ?

Aujourd’hui, les robots arrivent à interpréter l’immense majorité des Javascript, ce qui donne du fil à retordre aux SEO. L’ultime technique efficace pour « cacher » aux robots les liens vers certaines pages reste donc l’obfuscation. L’encodage avec un base64 étant devenu plus perméable aux crawls depuis que Google a appris à interpréter le JS, deux méthodes s’avèrent encore efficaces : le formulaire et le schéma d’URI.

Grâce à son bouton « submit », le formulaire est une valeur sûre. Imaginez la pagaille internationale si les robots s’amusaient tout à coup à cliquer sur tous les boutons de validation ! Concrètement, il se présente comme suit :

<form method="post" action="/exemple.html?N=100180118" class="form-link ng-pristine ng-valid">

       <button type="submit">nomdelafacette</button>

</form>

Le schéma d’URI est une technique plus novatrice, utilisée notamment chez Sarenza. Elle permet de moduler l’ouverture de ses facettes plus simplement.

Exemple d’une facette obfusquée :

<a data-uri="/store/product/gender-type/list/get?brand=14&gender=1&type=6" data-count="1" class="" data-replace="L3N0b3JlL3Byb2R1Y3QvZ2VuZGVyLXR5cGUvbGlzdC92aWV3P2JyYW5kPTE0JmdlbmRlcj0xJnR5cGU9Ng==" data-replace-encoded="" title="">nomdelafacette</a>

Une facette non obfusquée :

<a href="/url-path" data-count="24" class="decrypt " data-replace="L3N0b3JlL3Byb2R1Y3QvZ2VuZGVyLXR5cGUvbGlzdC92aWV3P2JyYW5kPTEyNTAmZ2VuZGVyPTEmdHlwZT02" data-replace-encoded="" data-decryptout="data-uri" title="ancre de lien" data-encrypted="L3N0b3JlL3Byb2R1Y3QvZ2VuZGVyLXR5cGUvbGlzdC9nZXQ/YnJhbmQ9MTI1MCZnZW5kZXI9MSZ0eXBlPTY=" data-uri="/store/product/gender-type/list/get?brand=1250&gender=1&type=6">nomdelafacette</a>

L’obfuscation est-elle sans risque ?

Par définition, l’obfuscation consiste à cacher des liens à Google. On montre alors 2 versions différentes aux internautes et aux robots. C’est ce qu’on appelle le cloaking.

Certains considèrent l’obfuscation comme du cloaking white hat. En effet, elle permet de cacher les pages de mauvaise qualité aux robots, pour privilégier les bonnes, ce qui part donc d’un bon sentiment !

D’autres référenceurs estiment qu’elle reste un moyen de manipuler les robots, ce qui est contraire aux guidelines de Google et passible de sanctions.

Le débat est ouvert et Google n’a pas émis de consignes claires à ce sujet. De très grands sites utilisent aujourd’hui cette méthode sans que cela ne les pénalise.

Comment utiliser l’obfuscation pour ses facettes ?

Analyse du nombre de recherches par mots clés

L’obfuscation nous permet d’ouvrir uniquement les facettes qui nous intéresse. Prenons l’exemple d’une catégorie « Chaussures de running ». Mes facettes comportent : la couleur (avec différentes valeurs : bleu, rouge, vert), la taille (du 36 au 45) et le type de foulée (neutre, pronateur, supinateur).

Pour savoir quelles sont les facettes que je dois ouvrir (et qui pourront donc être explorées par Google), je procède à l’analyse des mots clés qui correspondent à cette page. Cette analyse peut être effectuée via l’outil de planification des mots clés de Google Ads ou par d’autres solutions comme Yooda Insight. Cette analyse permettra de dégager les combinaisons qui sont recherchées et celles qui ne le sont pas.

Par exemple :

  • Chaussures running bleu : 200 recherches / mois (attention au not provided)
  • Chaussures running pronateur : 500 recherches / mois
  • Chaussures running taille 39 : 0 recherche / mois
  • Chaussures running vert : 10 recherches / mois
  • Chaussures running bleu pronateur : 0 recherche

Avec 200 recherches par mois, on peut en conclure que la valeur « Bleu » de la facette Couleur doit être ouverte, afin de positionner la page catégorie chaussures running bleu. Il faut également ouvrir la valeur « pronateur » de la facette Foulée.

En revanche, la valeur « taille 39 » de la facette Taille n’est pas pertinente. Il faut donc l’obfusquer, auquel cas on laisse Google explorer une page qui ne génère pas de recherche côté internaute. On voit aussi clairement que la multiplication des valeurs (pronateur + bleu) n’est pas pertinente. Il faut donc obfusquer cette combinaison.  Généralement, la best practice est de ne pas ouvrir à plus de 2 niveaux.

Evaluation de la rentabilité des pages 

Attention, dans certains cas, il faut nuancer ses réflexions. En effet, ici, que penser de la valeur « Vert » ? Au premier abord on aurait tendance à se dire qu’il faut ouvrir la facette car il y a 10 recherches / mois. Or, en termes de maillage interne, ce n’est pas si simple. Il faut raisonner « rentabilité ». Est-il rentable (en termes de budget crawl), de laisser cette facette ouverte ? Pour le savoir, il faut analyser les logs. L’idéal est de pouvoir faire le ratio entre le nombre de crawls utilisés par Google et le nombre de visites. Si on constate qu’il s’agit d’une page crawlée 100 fois dans le mois, pour 3 visites, il est préférable de fermer la facette. Ces 100 crawls seraient alors re-dispatchés ailleurs, sur des pages qui ont plus de potentiel. Bien sûr, une fois de plus rien n’est tout blanc ou tout noir. Peut être que cette page ne génère que 3 visites car elle est mal optimisée et donc mal positionnée. Il faut donc faire un état des lieux de chaque page avant de fermer une facette. Il faut simplement garder en tête qu’il est parfois nécessaire de « sacrifier » une page, au profit d’une autre.

Le nombre de produits sur les pages catégories

Il existe également un critère important qui permet de savoir si une facette doit être ouverte : le nombre de produits sur la page de destination. En effet, il est prouvé que Google indexe peu ou mal les pages catégories qui comportent peu de produits.  Même si l’on parle généralement d’une dizaine de produits au minimum, il n’est pas possible d’indiquer un nombre exact car cela dépend des activités de chaque site web (grand public, marchés de niche …). Il faut donc déterminer à partir de combien de produits Google ne positionne plus nos pages.

Cette analyse n’est possible qu’avec une solution qui permet de croiser données des logs et du crawler. Parmi les plus connues : Botify et Oncrawl.  Une fois qu’on a déterminé le nombre de produits à partir duquel Google ne positionne plus nos pages, on peut fermer les facettes qui conduisent vers les pages qui comportent moins de X produits. Il est possible de gérer cela de façon dynamique, en rouvrant la facette dès lors qu’il y a suffisamment de produits. Cdiscount est un exemple en la matière.

Les pages d’information

Les pages d’information comme les mentions légales, les FAQ, la page contact, sont généralement liées sur toutes les pages du site, parfois même plusieurs fois ! Or, ce sont des pages qui n’ont aucun intérêt stratégique en matière de SEO. Les obfusquer sur toutes les pages (sauf la home) permet de moins disperser le jus. C’est une astuce toute simple, mais en matière de budget crawl il n’y a pas de petites économies !

L’obfuscation est donc une technique très efficace pour gérer son pagerank interne, qui doit toutefois être maniée avec beaucoup de précautions.